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Mutarule

17.05.2016 ( Modifié le : 05.07.2018 )

La plaine de Ruzizi se situe dans la province du Sud Kivu et borde la frontière avec le Burundi. Depuis plusieurs années, les deux groupes ethniques qui peuplent la plaine, les Bafuliro et les Barundi, sont en conflit en raison de rivalités foncières, économiques et politiques. Les populations civiles y endurent des vagues régulières d’attaques et de crimes graves sans que les autorités étatiques n’aient la volonté ni la capacité d’y mettre un terme.

A l’été 2013, des hommes armés non identifiés ont attaqué le village de Mutarule. Les assaillants y ont tué des dizaines de personnes et pillé de très nombreuses habitations.

Malgré les promesses des autorités locales, aucune enquête n’a été menée pour identifier les responsables des crimes et personne n’a été sanctionné. Au contraire, l’impunité et l’insécurité ont produit de nouveaux massacres en juin 2014, quand des hommes armés ont ouvert le feu sur 200 personnes réunies devant l’église de Mutarule. Ni les forces de sécurité congolaises ni les peacekeepers des Nations unies ne sont intervenus pour arrêter cette attaque.

Début 2015, suite aux pressions de la société civile et de la communauté internationale, les autorités congolaises ont mené les premières enquêtes sur les crimes commis à Mutarule. Dans le cadre des enquêtes, TRIAL International a fourni une assistance judiciaire à plusieurs dizaines de victimes de crimes graves à Mutarule. L’ONG n’a cessé de plaider auprès des autorités nationales pour l’ouverture d’un procès établissant la responsabilité pour ces crimes et procurant des réparations aux victimes.

Le 12 août 2016, le procès du massacre de Mutarule en chambre foraine débute et se déroulet sous haute tension. Près d’une centaine de victimes participent au procès, dont quatre-vingt-treize représentées par des avocats coachés par TRIAL International. Sur le banc des accusés, deux commandants FARDC et un leader Barundi, soupçonnés de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité.

Le verdict est enfin rendu public en février 2017. Le massacre commis en 2014 contre les villageois a été qualifié de crime contre l’humanité et les victimes devraient recevoir des compensations financières. Aucun des trois prévenus n’a été condamné pour crimes contre l’humanité. L’un des prévenus a été acquitté. Un autre, M. Sheria, présumé chef d’un groupe armé, a écopé de 15 ans de prison pour détention illégale d’arme de guerre – mais pas pour sa participation directe au massacre du 6 juin, qui selon la Cour n’a pas été prouvée. Le troisième prévenu, le Major Kayumba, représentant de l’armée congolaise,  a été condamné à 10 ans de prison pour violation de consignes.

Le 12 juin 2018, la Haute Cour militaire a instruit l’appel de l’affaire à Bukavu.

 

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