fbpx
Communiqué de presse Télécharger

Acquittement de Carlos Vielman : un signal inquiétant

15.03.2017 ( Modifié le : 12.07.2017 )

Carlos Vielman, ancien ministre de l’intérieur du Guatemala, a été acquitté. Il avait été jugé par un tribunal madrilène en janvier et février 2017, tribunal qui devait déterminer sa responsabilité dans l’exécution de huit détenus alors qu’il occupait ses fonctions ministérielles. Son ancien bras droit et chef de la Police nationale du Guatemala, Erwin Sperisen, a quant à lui été condamné à la prison à vie pour les même accusations par un tribunal genevois. TRIAL International exprime sa préoccupation face à cet acquittement, qui envoie un signal inquiétant à la société civile guatémaltèque.

Le 15 mars 2017, à l’issue de plusieurs semaines d’audiences et de délibération, la Sala de lo penal de la Audiencia Nacional de Madrid a rendu publique sa décision et acquitté Carlos Vielman, citoyen à la double nationalité espagnole et guatémaltèque.

Cette décision fait suite à plusieurs procès de ses anciens subordonnés, en Autriche, en Suisse ou encore au Guatemala pour une série d’exécutions extrajudiciaires commises alors que Carlos Vielman était ministre sous le gouvernement d’Oscar Berger. Plusieurs ont d’ailleurs été condamnés pour ces crimes, dont Erwin Sperisen, qui purge actuellement une peine prison à vie, suite à la dénonciation aux autorités de poursuites suisses d’une coalition d’ONG. C’est également le cas de Victor Soto Dieguez, condamné à 33 ans de prison au Guatemala, ainsi que de trois autres membres des forces publiques guatémaltèques.

Ces affaires ont mis en lumière l’existence d’une structure criminelle au sein du gouvernement d’Oscar Berger, qui a également été reconnue par plusieurs instances – commission onusienne (CICIG), procureur en charge des droits humains guatémaltèque, tribunaux suisses et guatémaltèque. Dans ce contexte, l’acquittement de Carlos Vielman envoie un signal inquiétant. Au Guatemala, en particulier, où l’impunité règne en maître et où les défenseurs des droits de l’homme font état d’un retour de pratiques d’intimidation et d’assassinats.

Si l’issue du procès n’est pas celle qu’attendaient les ONG, sa tenue représente néanmoins une étape dans la lutte contre l’impunité qu’il faut souligner : « Ce procès a notamment permis de démontrer que d’anciens ministres ne sont pas à l’abri de la justice et qu’ils doivent faire face à leurs responsabilités », a rappelé Philip Grant, directeur de TRIAL International.

A l’heure de publier ce communiqué, TRIAL International n’a pas encore pu prendre connaissance du détail de la décision, ni de l’analyser. Pour l’heure, l’ONG se réserve donc de tout commentaire supplémentaire quant aux motifs de la décision.

Plus d’informations sur l’affaire Sperisen

©2019 trialinternational.org | Tous droits réservés | Avertissement | Statuts | Designed and Produced by ACW