Bien avant la crise actuelle, les opposants politiques étaient persécutés au Burundi

07.05.2019 ( Modifié le : 30.07.2019 )

Les opposants au régime de Pierre Nkurunziza sont depuis longtemps la cible d’attaques et d’intimidations. David (nom d’emprunt), par exemple, a été lourdement torturé par les autorités burundaises en 2014. Aujourd’hui, il attend toujours que ses tortionnaires soient poursuivis.

©UN Photo/Staton Winter

En mars 2014, plusieurs personnes ont fait l’objet de détentions et de tortures à Bujumbura. Ces exactions s’inscrivaient dans un contexte de répression des membres de de la société civile et de l’opposition politique.

David était un haut représentant de l’opposition au Burundi. Lors d’une journée de manifestations à laquelle participaient plusieurs formations politiques, des agents de l’Etat l’ont blessé par balle et violemment frappé. Au lieu de recevoir des soins, il a ensuite été amené dans un cachot, où il a été interrogé et insulté. Toute assistance médicale lui a été niée. C’est seulement bien plus tard, suite à la pression de défenseurs des droits humains, qu’il a enfin été hospitalisé.

Un mois plus tard, dès que son état de santé l’a permis, David a été incarcéré. Il reste emprisonné depuis dans des conditions de détention affreuses.

Les responsables n’ont toujours pas été poursuivis

Cinq ans après les faits, les autorités burundaises n’ont toujours rien fait pour que les responsables soient sanctionnés. Bien que David ait dénoncé les faits commis à son encontre et identifié les responsables, aucune enquête n’a été menée par l’Etat.

Mais malgré les entraves de la justice nationale, l’affaire de David n’est pas une cause perdue : TRIAL International a saisi une instance internationale pour que les tortures commises à son encontre soient enfin reconnues.

L’Etat sera ainsi confronté à ses obligations, redonnant ainsi espoir aux nombreuses autres victimes dans la même situation de voir un jour leur cause entendue.

La procédure est en cours.