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Journée internationale des victimes de disparitions forcées : ceux qui restent souffrent aussi

28.08.2020 ( Last modified: 08.09.2020 )

Chaque année, la date du 30 août nous rappelle que les disparitions forcées sont tristement répandues dans de nombreux pays. Souvent employées pour intimider ou étouffer toute opposition, elles n’affectent pas uniquement ceux qui disparaissent, mais aussi tous ceux qui restent.

« Nous avons plus ou moins survécu à ce chaos, mais je sens qu’une partie de nos vies a été perdue » dit Ram Maya, dont le mari a été enlevé en 2003. © Sabrina Dangol/HRJC

Le terme de « victimes » de disparitions forcées comprend plusieurs définitions. D’une part, il désigne les individus enlevés contre leur gré. La personne est arrachée à son environnement, parfois dans la rue et en plein jour, et n’est souvent plus jamais revue. Échappant à toute protection légale, la victime est à la merci des pires abus ; elle peut être torturée ou exécutée en tout impunité.

En savoir plus sur les disparitions forcées

D’autre part, les proches des disparus sont également considérées comme des victimes au regard du droit international. La souffrance particulière de ne pas savoir où sont leurs êtres chers, ni même s’ils sont encore vivants, est associée à de la torture psychologique – de même que l’indifférence des autorités face à leur souffrance. Souvent, les familles des disparus font également face à des difficultés financières, des craintes pour leur propre sécurité et à la stigmatisation sociale.

 

Au Népal, les autorités font la sourde oreille

TRIAL International lutte contre les disparitions forcées au Burundi, au Mexique ou encore en Bosnie-Herzégovine. Mais c’est peut-être au Népal que la passivité des autorités est la plus marquante. Malgré plusieurs décisions des Nations Unies et la mobilisation locale, les proches des disparus n’obtiennent toujours pas de réponses.

Grâce au généreux soutien de l’Union européenne, et en collaboration avec le Human Rights and Justice Centre de Katmandou, TRIAL International a recueilli le témoignage de trois femmes courageuses dont le mari a été victime de disparition forcée.

Dans un photoreportage exclusif, Sabita, Ram Maya et Bimala racontent leurs difficultés passées et présentes. Bien que les crimes remontent à des années, leurs plaies restent ouvertes. « Nous avons plus ou moins survécu à ce chaos, mais je sens qu’une partie de nos vies (…) a été perdue » dit Ram Maya.

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La solitude et l’absence de soutien reviennent souvent dans la narration des trois femmes. « Nous espérons qu’en diffusant des histoires individuelles, les crimes de disparitions forcées feront l’objet d’une plus grande attention » explique Audrey Oettli, Responsable de programme à TRIAL International. « Ces actions de sensibilisation et d’information ne sont pas seulement importantes pour les victimes et leur entourage : elles rappellent aussi l’État à sa responsabilité de lutter contre ce crime, et de l’éradiquer pour de bon. »  

En plus du photoreportage, et avec le soutien de l’Union Européenne, TRIAL International a fait traduire en népalais des outils d’information des Nations Unies. « La connaissance est le premier pas vers l’accès à la justice » conclut Audrey Oettli. « Nous devons rendre un maximum d’informations aussi accessibles que possible pour toutes les victimes de disparitions forcées. »

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