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Trois continents, trois affaires, un combat

10.12.2010 ( Modifié le : 17.07.2017 )

10 décembre 2010 – A l’occasion de la journée internationale des droits de l’homme, date d’anniversaire de l’adoption de la Déclaration universelle des droits de l’homme, TRIAL continue sa lutte contre l’impunité à travers le monde et dépose trois affaires nouvelles concernant le Népal, l’Algérie et la Bosnie-Herzégovine devant le Comité des droits de l’homme des Nations unies.

Des milliers de familles de victimes de disparitions forcées demeurent privées de toute information sur le sort de leurs proches. Condamnées à vivre dans une situation d’incertitude, chaque jour déchirées entre le doute et l’espoir, ces familles sont ignorées par les autorités publiques et les auteurs de ces crimes demeurent impunis. C’est la raison pour laquelle TRIAL continue à utiliser les instruments internationaux pour dénoncer les violations des droits humains dans le monde entier, et dépose ce jour trois nouveaux dossiers devant le Comité concernant le Népal, l’Algérie et la Bosnie-Herzégovine. La question des droits de l’homme, par essence universelle, transcende les simples frontières; en déposant trois affaires au nom de victimes provenant de trois continents, TRIAL manifeste que la lutte contre l’impunité est loin d’être terminée.

En 2001, le conflit entre les forces gouvernementales népalaises et les insurgés maoïstes a pris une ampleur telle que l’Etat d’urgence a du être décrété. Dans ce contexte de tension, de nombreux civils furent la cible de disparitions forcées et d’actes de tortures, notamment de la part des forces de l’ordre. Tej Bhandari, retraité de l’enseigement, était une figure locale, connue pour son engagement et son rôle au sein du village de Sampari.

Le 31 décembre 2001, alors qu’il se rendait au bureau du chef du district où il avait été convoqué, il a été arrêté à sa descente du bus par un groupe de policiers. Il a été battu dans la rue sous les yeux des passants, puis l’un des policiers lui a attaché les mains dans le dos et lui a bandé les yeux alors qu’il était inconscient. Les policiers l’ont ensuite embarqué de force dans leur véhicule pour une destination inconnue. Depuis, la famille de Tej Bhandari n’a reçu aucune information tangible sur ce qui lui est arrivé après son arrestation et les autorités népalaises ont refusé d’enquêter sur son sort.

TRIAL a donc soumis une requête auprès du Comité des droits de l’homme des Nations unies au nom du fils de la victime, afin qu’il soit demandé au Népal de faire la lumière sur les circonstances de cette disparition et de mettre fin à l’impunité des personnes responsables.

Entre 1992 et 1998, le gouvernement algérien s’engage dans une répression massive contre toute personne soupçonnée d’avoir un lien avec le Front Islamique du Salut, un parti politique dissout le 4 mars 1992. Dans ce cadre, plusieurs milliers de personnes sont portées disparues, dont Rachid SASSENE, alors âgé de 47 ans et père de quatre enfants.

Le 18 mai 1996 à 11 heures, une vingtaine de policiers en uniforme et en civil ont fait irruption chez lui et l’ont conduit au commissariat central de Constantine, en compagnie de son épouse, Mme Bariza ZAIER. Relâchée quinze jours plus tard et condamnée avec sursis pour «soutien à un groupe terroriste», elle n’a jamais revu son mari depuis leur détention au commissariat, et ce malgré de nombreuses démarches entreprises auprès des autorités algériennes.

Empêchée sous peine d’emprisonnement de poursuivre ses démarches sur le plan national, Mme ZAIER a demandé à TRIAL de saisir le Comité des droits de l’homme des Nations unies afin que celui-ci comdamne l’Algérie à poursuivre les auteurs du crime et à informer la famille du disparu du sort qui lui a été réservé.

Durant l’été 1992, la Bosnie-Herzégovine connaît l’une des périodes les plus violentes de son histoire. Le conflit entre les membres de l’armée de la Republika Srpska et les Forces bosniennes gouvernementales engendre les pires atrocités : épuration ethnique, mise en place de camps de concentration et déplacement forcé de plus de populations entières.

C’est dans ce contexte que Fadil Ičić, âgé de 27 ans disparait. Alors qu’il travaillait dans ses champs, des membres de l’armée de la Republika Srpska l’ont arrêté et conduit au camp de concentration d’« Omarska », connu pour ses conditions de détention inhumaines et les mauvais traitements perpétrés par les gardes. C’est un autre prisonnier qui I’a aperçu pour la dernière fois en vie. Depuis lors, aucune information n’a été donnée sur ce qu’il lui est advenu. Sa mére, Mevlida Ičić, a accompli toutes les démarches possibles afin de faire établir la vérité sur l’arrestation arbitraire et la disparition forcée de son fils, mais aucune information ne lui a été communiquée.

Face à l’inaction des autorités publiques, elle a demandé à TRIAL de saisir le Comité des droits de l’homme des Nations unies afin que la Bosnie-Herzégovine mette un terme à l’impunité des responsables et qu’elle mène enfin une enquête sérieuse sur le sort de Fadil Ičić.

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