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En Bosnie-Herzégovine, la stigmatisation persistante des victimes de violences sexuelles en temps de guerre

17.04.2020

Malgré les progrès significatifs accomplis ces dernières années, de nombreux survivants de violences sexuelles commises en temps de guerre continuent d’être stigmatisés en Bosnie-Herzégovine (BiH). Une formation pour les procureurs et les juges, organisée par TRIAL International, a traité de cette stigmatisation, des stéréotypes que les survivants rencontrent au cours des procédures pénales, et a enseigné aux participants comment les éviter.

Les stéréotypes discriminatoires portent atteinte à la dignité et à la crédibilité des victimes et constituent une ingérence flagrante dans leur courageuse décision de dénoncer le crime. ©TRIAL International/Will Baxter

« D’après des études, pour un viol déclaré, on en recense entre 15 et 20 non déclarés. Les raisons qui étayent cette statistique sont notamment la longueur des procédures judiciaires et les faibles condamnations des auteurs, deux éléments qui conduisent les victimes à se méfier du système judiciaire », déclare Milanko Kajganić, Procureur au bureau du procureur de Bosnie-Herzégovine.

Les victimes de violences sexuelles sont confrontées à toute une série de difficultés lorsqu’elles osent évoquer ce crime. Par exemple, les sentiments de honte et de culpabilité imposés par la société et intériorisés, ou encore la crainte d’être jugées par le public. Cependant, la discrimination ne s’arrête pas là. Ce schéma se poursuit également au sein même des tribunaux, selon Milanko Kajganić. Ces stéréotypes sont perpétués par les questions posées au sein des tribunaux, le langage utilisé dans les verdicts, la qualification des crimes, l’admission de certaines preuves, l’imposition de mesures de protection et l’acquittement des auteurs.

« Tout le processus peut être très difficile pour la victime et provoquer un nouveau traumatisme. C’est pourquoi la préparation et le soutien sont cruciaux pour les plaignants. Ils doivent être encouragés », explique Andrea Masic, psychologue à la Cour de Bosnie-Herzégovine.

 

Grâce à la sensibilisation, des signes prometteurs

Ces stéréotypes discriminatoires portent atteinte à la dignité et à la crédibilité des victimes et constituent une ingérence flagrante dans leur courageuse décision de dénoncer le crime. On observe toutefois des progrès, insiste Božidarka Dodik, juge à la Cour suprême de la Fédération de Bosnie-Herzégovine.

« Cela se reflète dans les commentaires et les réactions des juges et des procureurs qui suivent des formations. Nous pouvons également le constater dans les décisions rendues par les tribunaux entre le début des ateliers de sensibilisation et aujourd’hui », dit M. Dodik.

Cependant, le problème de la stigmatisation ne s’arrête pas au verdict final. Même si les victimes obtiennent la satisfaction de voir leurs agresseurs condamnés, elles doivent faire face à cette stigmatisation quotidiennement en dehors de la salle d’audience. Il est donc vital que tous les secteurs de la société travaillent à améliorer la condition des survivants de violences sexuelles. Chaque individu et institution doit s’impliquer dans la lutte contre la stigmatisation.

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