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Forcé à l’exil, un avocat burundais sur la brêche

20.06.2017

Me Janvier Bigirimana a participé à une formation de TRIAL International en 2014. Comment ces nouvelles connaissances l’ont-elles aidé dans son combat contre l’impunité ?

Pouvez-vous vous présenter et expliquer votre parcours ?

Janvier Bigirimana: « Je m’appelle Janvier Bigirimana, je suis avocat au Barreau de Bujumbura depuis mai 2011. Je suis spécialiste des droits humains et ai défendu des dossiers impliquant de hautes autorités politiques, policières ou militaires. J’ai notamment été l’un des avocats de Bob Rugurika, le directeur de la Radio publique africaine lorsqu’il était illégalement emprisonné. Mon travail gênait le pouvoir, en sus de mon engagement au FOCODE, une ONG locale de défense des libertés civiles. »

Comment avez-vous entendu parler de la formation de TRIAL International ?

« C’est mon collègue du FOCODE Pacifique Nininahazwe qui m’a parlé de la formation de TRIAL International. Il avait été sollicité pour proposer des participants et ma réponse ne pouvait être que positive. D’abord, parce que la défense des droits humains est ma passion, que ce soit à l’échelle nationale, régionale ou internationale. Ensuite, parce qu’on a toujours besoin d’apprendre. Je n’ai pas été déçu car ce que j’ai appris m’a été d’une utilité inestimable dans mon travail. »

Quels aspects de la formation vous ont le plus intéressé ?

« La saisine des mécanismes onusiens a été l’aspect le plus intéressant, car peu d’avocats burundais connaissent leur fonctionnement et leurs modalités de saisine. Depuis la formation, j’ai d’ailleurs représenté des victimes devant ces mécanismes.

Un autre élément qui m’a plu est que la formation théorique était couplée avec des cas pratiques. Nous apprenions en faisant, ce qui était très utile. Notre promotion a également eu la chance de participer à une session du Comité contre la torture en novembre 2014 à Genève. »

Une crise politique secoue votre pays depuis 2015. Qu’est-ce qui a changé dans l’exercice de votre métier ?

« Comme je faisais souvent des interventions médiatiques, j’ai commencé à recevoir des menaces indirectes, par le biais des membres de la famille. Ils me disaient que j’étais jeune pour prendre des risques, que je devrais entretenir ma famille au lieu de risquer ma vie. Avec l’escalade des violences et de la répression à Bujumbura, les menaces se sont intensifiées et j’ai dû m’exiler. Je travaille maintenant depuis le Rwanda.

Le système judiciaire burundais étant totalement bloqué, nous portons de plus en plus d’affaires au niveau international. Et cela grâce à la formation de TRIAL International ! J’envisage de me spécialiser dans ce domaine, pour qu’au-delà des affaires individuelles je puisse proposer des changements structurels, pour faciliter l’accès à la justice de chaque victime burundaise. »

 

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