Lemera

17.05.2016 ( Modifié le : 07.10.2019 )

Le 8 août 2010, au cours des opérations militaires « KIMIA II » menées par l’armée congolaise contre le groupe rebelle des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), une dizaine de membres de l’armée ont capturé et violé sept femmes dans un village près de Lemera, dans la province du Sud Kivu.

Le tribunal militaire de première instance a rendu un jugement définitif et condamné cinq de ces militaires. Le tribunal a en outre considéré l’Etat congolais civilement responsable des crimes, lui ordonnant d’indemniser les victimes.

Or, depuis le jugement, le gouvernement congolais a démontré son manque de volonté à compenser les victimes de ces crimes internationaux. En effet, aucune des réparations définies par le tribunal n’a été mise en œuvre et les victimes n’ont rien obtenu malgré la décision favorable rendue. Cette pratique est malheureusement très courante : En 2016, la RDC ne compte aucune victime de cas similaire qui a été indemnisée par l’Etat.

Déterminée à obtenir justice jusqu’au bout, TRIAL International a soumis le dossier aux autorités compétentes afin d’exécuter le jugement à Kinshasa en juin 2015. Après plus d’un an de procédures et de vaines négociations pour obtenir ces indemnisations, les victimes n’ont toujours rien reçu. TRIAL International a donc soumis une plainte en juillet 2016 devant le Comité des droits de l’homme des Nations Unies pour engager la responsabilité de l’Etat.

TRIAL International est le premier acteur en RDC à soutenir les victimes de crimes internationaux dans la procédure complexe et coûteuse visant à obtenir des réparations de l’Etat congolais. Outre le bénéfice pour les victimes, l’aboutissement de cette procédure constituerait un précédent très important pour la réparation de toutes les victimes de crimes internationaux en RDC.