Soutenir une femme victime de torture au Burundi

12.06.2019 ( Modifié le : 30.07.2019 )

En 2014, Sara (nom d’emprunt) a été gravement torturée au Burundi. Cinq ans plus tard, les faits demeurant impunis, TRIAL International a porté son affaire au niveau international.

©UN Photo/Victoria Hazou

Au cours de l’année 2014, les autorités burundaises ont mené une vague de répression à l’encontre de l’opposition politique et les membres de la société civile dans le pays. De nombreuses personnes ont fait l’objet de détentions et de tortures. Sara était l’une d’entre elles.

En mars 2014, à l’occasion d’une journée de manifestation de formations politiques à Bujumbura, des policiers sont intervenus pour réprimer les rassemblements. Au cours de cette opération, Sara, membre d’un parti de l’opposition, a été arrêtée et violemment passée à tabac.

Les policiers ont concentré leurs coups sur des parties du corps particulièrement sensibles, notamment le dos, les reins et les seins, afin de lui infliger une douleur plus aiguë. Gravement blessée, elle a été embarquée par les autorités, qui l’ont continuellement insultée et intimidée. Malgré son état de santé inquiétant, on lui a initialement refusé des soins médicaux, et ce n’est seulement qu’après de longues heures qu’elle a finalement pu être hospitalisée.

Quelques jours après, et alors qu’elle continuait de présenter des blessures profondes, Sara a été contrainte de quitter l’hôpital et a été emmenée dans un cachot, où elle a été interrogée et détenue pendant plusieurs heures. Par la suite, elle a été transférée en prison. Elle est restée en détention pendant plus d’un an dans des conditions déplorables.

Pas d’enquête pour reconnaître les faits

Sara a dénoncé les actes de torture commis à son encontre à de nombreuses reprises et à plusieurs entités nationales. Elle a même identifié les responsables. Malgré cela, aucune enquête n’a été menée par les autorités burundaises.

La torture continue d’être niée… mais reste monnaie courante

Face à l’inaction des autorités burundaises, TRIAL International a saisi une instance internationale, afin que les souffrances de Sara soient enfin reconnues, et qu’elle puisse ainsi obtenir réparation.

Mais le cas de Sara n’est pas isolé. De nombreuses personnes ont également été torturées au Burundi, simplement pour avoir montré un avis contraire au gouvernement. La Commission d’enquête des Nations Unies sur le Burundi a d’ailleurs déclaré en 2018 que ces pratiques continuaient à l’encontre des opposants politiques.

La procédure est en cours.