Après une journée d’audience au Tribunal cantonal de Saint-Gall, le procès en appel de Yuri Harauski est désormais clos.
À l’ouverture du procès, le Tribunal a tranché les questions vouées à clarifier la suite des débats et notamment retenu que la qualité de partie des plaignantes ne pouvait pas leur être reconnue en lien avec la disparition de Viktor Gonchar, les concernées n’étant pas des proches de ce disparu. Il a refusé d’offrir aux plaignantes la possibilité de s’exprimer, considérant qu’elles n’allaient pas apporter d’éléments de preuve supplémentaire propres à établir la vérité au travers de leur témoignage.
Le Tribunal a rejeté la production d’un rapport d’expert par les parties plaignantes, lequel était voué à remettre les déclarations de l’accusé dans un contexte historique bien précis. Selon le Tribunal, les informations qu’il contenait ne pouvaient pas être considérées comme des preuves exploitables.
Interrogé sur les faits reprochés, Yuri Harauski a notamment expliqué avoir rejoint l’armée en 1996 et avoir servi au sein de l’unité 3214. Le SOBR avait été créé en 1998 et il y avait été actif jusqu’à ce qu’il soit emprisonné au Bélarus. Dans ce contexte, il a déclaré avoir reçu des formations sur les tactiques à employer pour kidnapper des individus. Selon ses propres mots, il avait « enlevé et liquidé » les trois disparus. Les ordres d’enlèvement venaient du Président Loukachenko et étaient relayés par M Pavlichenko, le tout à l’oral. Il avait dit la vérité aux autorités d’asile suisses, au procureur et devant le Tribunal de première instance.
Mettant notamment en évidence les graves difficultés liées à une interprétation défaillante durant le procès de première instance, lesquelles avaient compromis la décision des premiers juges, le représentant des parties plaignantes et le Ministère public ont plaidé en faveur d’un verdict de culpabilité et ont respectivement insisté sur la crédibilité de l’accusé an lien avec sa participation dans les disparitions forcées de Yury Zakharenka et Anatoly Krasouski en 1999.
La défense a, quant à elle, argumenté en faveur de la confirmation de l’acquittement prononcé en première instance, les éléments constitutifs de l’infraction de disparitions forcées au sens de l’art. 185bis du Code pénal n’étant, en tout état, pas réalisées, et la disposition étant trop vague pour être appliquée.
Yuri Harauski n’a pas souhaité s’exprimer davantage à la suite des plaidoiries.
Le verdict sera rendu oralement à une date ultérieure, vraisemblablement en octobre 2026. La date exacte sera communiquée aux parties.
La lecture orale de la décision prise et de sa motivation sera accessible au public et un communiqué de presse sera publié par le Tribunal.
Le procès en appel de Yuri Harauski se tiendra le 22 septembre 2026 à Saint-Gall. Plus d’informations sur le site du tribunal cantonal. (en allemand) Des représentant.e.s de TRIAL International, de la FIDH et de Viasna seront sur place.
Cette fois, une traduction allemand-russe sera mis à disposition du public. Les places dans la salle d’audience sont néanmoins limitées. Si vous voulez être présent à l’audition, inscrivez-vous sur la page dédiée du site du tribunal cantonal.
Le procès en appel de Yuri Harauski, qui devait se tenir le 24 juin 2026 à St. Gall, a été reporté. Dès que l’information sur la nouvelle date sera annoncé, elle sera communiqué ici.
Responsabilité pour disparitions forcées au Bélarus : un appel contre l’acquittement d’un ancien membre de l’escadron de la mort de Loukachenko sera examiné en Suisse
Le procès en appel de Yuri Harauski, ancien membre du SOBR, une unité spéciale de police placée sous les ordres du président Aliaksandr Loukachenko, se tiendra le 24 juin 2026 à Saint-Gall, en Suisse. M Harauski est accusé d’avoir participé aux disparitions forcées de trois opposants politiques au Bélarus en 1999, faits qu’il a avoués.
Lisez nos questions fréquentes au sujet du procès en appel de Yuri Harauski, ancien membre de l’escadron d’élite SOBR du président Aliaksandr Loukachenko, ici.
Le procès en appel de Yuri Harauski, ancien membre d’une unité d’élite biélorusse, pour sa participation aux disparitions forcées de trois opposants au régime, se tiendra le 24 juin 2026 à Saint-Gall, en Suisse.
Le procès en appel de Yuri Harauski aura lieu le 24 juin 2026 à Saint-Gall, en Suisse.
Malgré les aveux publics de Harauski, qui a donné des détails sur les enlèvements et les meurtres, il a été acquitté en septembre 2023, à l’issue d’un procès de deux jours. Tout en reconnaissant la responsabilité du régime dans ces crimes, le tribunal a estimé que les preuves qui lui avaient été présentées ne permettaient pas d’établir, au-delà de tout doute raisonnable, sa participation individuelle à ces crimes.
Son procès en appel aura lieu le 24 juin 2026 à Saint-Gall, où de nouveaux éléments de preuve devraient être présentés. Les deux proches des victimes qui avaient porté plainte contre Yuri Harauski en 2021, ainsi que des représentants de TRIAL International, de la Fédération internationale des droits de l’homme (FIDH) et du Centre des droits de l’homme Viasna, seront présents aux audiences.
Vous trouverez plus d’informations sur le site web du tribunal cantonal.

Yuri Harauski a été acquitté du crime de disparition forcée de trois opposants politiques en 1999 au Belarus. Si la Cour a reconnu la responsabilité du régime dans ces crimes, les juges n’ont pas été convaincus de l’implication de l’accusé dans ces événements. Les familles des victimes restent dans l’incertitude quant aux circonstances exactes de la disparition de leurs proches. TRIAL International, la FIDH et Viasna regrettent le verdict d’aujourd’hui et continueront à soutenir les victimes dans leur quête de justice, y compris pendant la procédure d’appel.



Yuri Harauski, ancien membre de l’unité spéciale d’intervention rapide (SOBR) du président Aliaksandr Loukachenko, comparaîtra les 19 et 20 septembre 2023 devant un tribunal pénal à Saint-Gall, en Suisse. Il est accusé d’avoir participé aux disparitions forcées de trois opposants politiques majeurs en 1999. Le procès fait suite aux plaintes déposées par les proches de deux des victimes et est soutenu par la FIDH, TRIAL International et Viasna, qui ont déposé une plainte au même moment.