Erwin Sperisen

16.05.2016 ( Modifié le : 17.04.2018 )

Durant le mandat d’Erwin Sperisen en tant que chef de la Police nationale civile (PNC) au Guatemala, de nombreux crimes ont été commis par les forces de l’ordre. En octobre 2005, suite à l’évasion de prisonniers de la prison d’Infiernito, M. Sperisen et ses collègues ont mis en place le Plan Gavilan, visant à retrouver et exécuter les évadés puis à dissimuler le crime. Trois évadés ont été assassinés. Une année plus tard, l’intervention de M. Sperisen et de ses troupes dans la prison de Pavon s’est soldée par la mort de sept prisonniers. A nouveau, la scène des crimes a été maquillée. Ces exécutions ont provoqué un scandale qui a contraint M. Sperisen à démissionner le 20 mars 2007. Il a ensuite fui le Guatemala et, grâce à sa double nationalité suisse, s’est établi à Genève.

Peu après, la CGAS, l’ACAT et Uniterre ont dénoncé Erwin Sperisen auprès des autorités suisses compétentes. En août 2012, à la suite de nouveaux éléments apportés par TRIAL,  un mandat d’arrêt international a été émis et Erwin Sperisen a été arrêté à Genève. Peu après, la mère d’une victime de Pavon, rencontrée au Guatemala par l’équipe de TRIAL, s’est jointe à la procédure.

En juin 2014, le procès d’Erwin Sperisen en première instance s’est tenu devant le Tribunal criminel de Genève, qui l’a condamné à la prison à perpétuité pour les exécutions extrajudiciaires de sept détenus lors de l’opération de Pavon.

En mai 2015, le procès en appel d’Erwin Sperisen s’est tenu devant la Chambre pénale de la Cour de justice de Genève, qui l’a à nouveau condamné à perpétuité, cette fois pour l’entier des crimes qui lui étaient reprochés, c’est-à-dire l’exécution extrajudiciaire de dix détenus à deux occasions distinctes.
Cette affaire, d’une importance capitale pour les victimes, est la première condamnation d’un chef national de police centre-américain pour exécutions extrajudiciaires.

En juillet 2017, suite à un appel de la défense, le Tribunal fédéral (TF) a renvoyé l’affaire devant les tribunaux genevois, sans se prononcer sur la culpabilité de l’ancien chef de la police du Guatemala. Les juges de Chambre pénale de la Cour de Justice de Genève devront donc juger Erwin Sperisen pour la seconde fois en appel le 16 avril 2018.