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Torture : des séquelles pour la vie

26.06.2017

La Journée internationale de soutien aux victimes de la torture rappelle que ce crime détruit des vies entières. En effet, comment se reconstruire après des actes aussi inhumains ?

« Il y avait deux tables, un baquet d’eau, une poulie et deux bâtons qui ressemblaient à des battes de base-ball. Je me souviens du froid et de la peur qui m’ont envahi. »

Abdennacer Naït-Liman a été torturé dans les prisons tunisiennes pour s’être opposé au régime de Ben Ali. Comme des milliers de victimes à travers le monde, il attend encore de voir ses souffrances reconnues et ses bourreaux condamnés.

Les victimes de torture portent souvent des séquelles à vie. Abdennacer Naït-Liman a failli perdre l’usage d’une main et d’un pied. D’autres cicatrices sont invisibles : « Les souffrances n’étaient pas que physiques : ils ont tenté de briser mon âme aussi, par les menaces, l’isolement, les simulacres d’exécution » se souvient-il.

 

Un mal multiforme

Au Népal, Lakpa Tamang a été torturé alors qu’il n’avait que 11 ans, faussement accusé d’avoir volé des bijoux. S’il a obtenu des compensations, sa vie est loin d’avoir retrouvé son cours normal : il souffre de stress post-traumatique et a dû arrêter ses études. Les victimes qui habitent dans des zones rurales, loin de tout médecin spécialiste, sont souvent peu ou mal accompagnées. Dans des cas extrêmes, les séquelles psychologiques se répercutent sur les générations suivantes.

Les troubles psychologiques peuvent aussi s’accompagner d’isolement social. En RDC, il n’est pas rare qu’une femme victime de violences sexuelles – qui constituent une forme spécifique de torture – soit rejetée par sa famille. Ainsi, N. a été a été mise au ban de sa communauté et abandonnée par son mari suite à son viol par un militaire.

Enfin, la détresse psychologique et l’isolement social placent la victime dans des conditions souvent précaires. Privées de leur cercle de proches, elles peuvent se retrouver sans argent et même sans maison. Il leur est parfois impossible de retrouver du travail, comme cela a été le cas pour André au Burundi. Face à cette indigence, la reconstruction psychologique est souvent reléguée au second plan… empirant encore leur situation.

 

Aller de l’avant

Comment alors reprendre possession de sa vie ? L’accès à la justice est souvent une étape importante de la reconstruction des victimes, selon la psychologue Besima Catic : « Quand quelqu’un vous fait du mal, il est normal de vouloir voir cette personne punie. C’est une étape nécessaire pour les victimes. »

Outre l’importance symbolique et psychologique des poursuites, toute victime a droit à des réparations pour les torts subis. Et ces réparations peuvent aider très concrètement les victimes à retrouver leur dignité : en payant pour des soins médicaux, un accompagnement psychologique, un logement loin des lieux du crime ou une formation pour changer de métier. « Si je n’avais pas reçu cet argent, je ne sais pas comment j’aurais pu acheter mes médicaments et tout le reste, je n’aurais pas eu l’argent nécessaire » témoigne V., une victime en Bosnie-Herzégovine.

C’est pour des victimes de torture comme V., André, Abdennacer et Lakpa que TRIAL International se bat tous les jours. L’organisation les aide à obtenir justice et réparations, et les soutient dans leur réhabilitation.

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